No. 55/3    septembre 2002

 

L'été des festivals

Sion, les frères ennemis

par Vincent Arlettaz

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Après deux hivers bien turbulents, les nuages se sont-ils enfin dissipés dans le ciel sédunois? Cet été, la capitale valaisanne aura accueilli deux concours internationaux de violon, et même deux festivals! S'il est vrai que l'union fait la force, il est à craindre que la vénérable institution ne soit pas encore totalement remise de ses émotions.

Difficile de comprendre comment on a pu en arriver là: il y a tout juste une année, l'officialité valaisanne fêtait en grande pompe le 80ème anniversaire de Maître Tibor Varga. Quel contraste avec l'année 2002! Dans le programme du «39ème Festival International de Musique de Sion», on chercherait en vain le nom de l'illustre fondateur... En revanche, on y trouve un panégyrique en règle de Shlomo Mintz, nouveau directeur artistique du Festival, et président du Concours de violon «pour les dix années à venir». Un Shlomo Mintz que l'on avait encore fort peu vu dans nos régions, et dont l'apparition soudaine ne laisse pas d'étonner. Mais que s'est-il donc passé?

 

On le pensait hors d'affaire

C'est en octobre 2001, lors de la conférence de presse clôturant la 38ème édition, que Maître Varga claque la porte: mécontent de la gestion artistique, inquiet de la baisse de fréquentation des concerts, il décide de retirer son nom de la manifestation. Certaines sources bien informées parlent également de désaccords financiers et, de manière plus générale, d'un conflit de personnes entre le virtuose et son nouveau président -- M. Jean Bonvin, anciennement président à l'OCDE -- un président qu'il avait pourtant contribué à nommer moins d'une année auparavant, au terme d'une restructuration dont Maître Varga lui-même avait pris l'initiative.

Aussi spectaculaire qu'elle soit, il y a des raisons de penser que la crise de l'automne 2001 n'est que l'aboutissement d'un processus de dégradation amorcé bien plus tôt. Les premiers signes remontent au milieu des années 90: confronté à un environnement plus concurrentiel, ayant peut-être aussi vu trop grand dans son effort de diversification et d'extension, le Festival avait déjà connu alors une période difficile, bouclant même son exercice 1995 sur un déficit de plus de 200 000 francs. Une solution interne avait alors été aménagée, et au prix d'un redimensionnement et de diverses autres mesures d'austérité, la situation avait été rapidement rétablie. Au point qu'on pensait le Festival hors d'affaire: attirant un public différent de ses compétiteurs directs, ses concerts affichaient des taux de fréquentation tout à fait satisfaisants, et les finances étaient à nouveau saines. Jusqu'au jour où...

 

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