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de Niobé à Médée Pascal Dusapin par Myriam Tétaz-Gramegna
L'Opéra de Lausanne donnait en avril «Niobé» et «Médée» de Pascal Dusapin, un compositeur dont la réputation n'est plus à faire, qui veut être entendu, transmettre l'émotion et témoigner de son rapport au monde sans s'embarrasser de questions esthétiques. Serait-ce la raison de son succès? Pascal Dusapin tenait l'affiche à Lausanne au mois d'avril avec deux titres (Niobé et Médée) à l'Opéra, de la musique de chambre dans le cadre de la Société de musique contemporaine, une conférence au Forum-Opéra, une émission Nota Bene sur Espace 2. L'Opéra Bastille vient de créer Perelà, ou l'Homme de fumée. Genève avait entendu son Roméo et Juliette au festival Archipel de 1989; en 1992 Evian programmait Go, un premier «solo» pour orchestre. Si l'on sait que Médée était une commande du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, qui désirait coupler une oeuvre d'une heure avec le Didon et Enée de Purcell, on conviendra que Dusapin suit un parcours enviable. Né en 1955, Lorrain vivant à Paris depuis 1969, il a dès l'enfance aimé, joué et étudié la musique, mais aussi les arts plastiques et les sciences de l'art; il a été pensionnaire de la Villa Médicis de 1981 à 1983 (c'est là du reste qu'il découvre une sculpture, Les Niobides, qui l'intrigue). Il n'appartient à aucune école, ne se réclame d'aucun maître, sinon de Xenakis qu'il a écouté à l'Université Paris-Sorbonne de 1974 à 1978 et qui a été pour lui non celui qui professe, mais celui qui «ouvre». Il cite aussi Boucourechliev qui lui a donné le sens de l'instrumentation. Dusapin a touché à tous les genres et s'avoue de plus en plus attiré par l'opéra, alors que ses premières oeuvres privilégient la musique de chambre, avec des pièces donnant souvent l'impression de naître du potentiel sonore des instruments choisis...
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(page mise à jour le 30 juillet 2008)