No. 59/4    décembre 2006

 

In memoriam
Armin Jordan (1932-2006)

par Antoine Pecqueur

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Considéré comme le plus grand chef d'orchestre suisse depuis Ansermet, Armin Jordan nous a quittés dans la nuit du 19 au 20 septembre 2006. Un malaise en répétition, quelques jours d'hôpital, sa disparition aura été subite, comme un ultime pied de nez. A 74 ans -- âge où de nombreux chefs d'orchestre atteignent la plénitude -- il laisse derrière lui une carrière impressionnante par le nombre, la qualité et l'originalité de ses réalisations.

 

Quelques jours seulement après l'inauguration festive de la nouvelle Salle Pleyel à Paris, le public et les musiciens se sont retrouvés debout, silencieux et profondément attristés. Une minute de silence était observée en hommage à Armin Jordan, qui aurait dû être sur scène en ce mercredi 20 septembre, pour diriger l'Orchestre de Paris. Le destin en avait décidé autrement. Cinq jours plus tôt, le maestro avait été victime d'une syncope alors qu'il dirigeait la première d'une nouvelle production de L'amour des trois oranges de Prokofiev à l'Opéra de Bâle. Dans un état critique, il était alors transporté à l'hôpital, avant de s'éteindre le mardi soir suivant, à l'âge de 74 ans.

 

Du ministère de la culture aux «blogs»

A l'annonce de sa disparition, les réactions se sont multipliées à travers le monde musical, depuis le Ministère français de la culture, qui rappelle la «simplicité et la rayonnante humanité de ce grand chef», jusqu'aux Amis de l'Orchestre de la Suisse Romande évoquant les 140 concerts donnés par Armin Jordan à la tête de la formation genevoise. A une autre échelle, il est intéressant de constater l'écho de son décès sur les blogs et les forums de discussion internet. Le paradoxe n'est finalement pas des moindres: l'impact médiatique de cette nouvelle se situe à l'opposé de la discrétion avec laquelle Armin Jordan avait mené sa carrière...

 

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