No. 63/3    septembre 2010

 

Lucerne, le festival des superlatifs

par Myriam Tétaz-Gramegna

Festival de Lucerne, Fidelio

Fidelio au KKL, sous la direction de Claudio Abbado. © Priska Ketterer

 

Lucerne c'est, du 12 août au 18 septembre, 27 créations à l'affiche d'un programme où se côtoient, sous l'égide d'Eros, les grandes oeuvres du répertoire et la musique d'aujourd'hui; les orchestres, chefs et solistes les plus célèbres ; et de jeunes artistes en début de carrière, avec également un «coin des enfants» à qui l'on offre, entre autres, une répétition du Philharmonique de Vienne. C'est aussi la musique dans la rue, sur les places, sur les quais, du 24 au 29 août; la Fête des Musiciens Suisses, les 11 et 12 septembre, intégrée pour la première fois au programme du festival. Lucerne, c'est l'orchestre du Festival et Abbado, mais aussi les orchestres de Berlin, Vienne, San Francisco, Cleveland, le Concertgebouw, le Gewandhaus, le Philharmonia, d'autres encore; c'est l'orchestre des jeunes de la Lucerne Festival Academy qu'anime et dirige Pierre Boulez; ce sont Hélène Grimaud, Maurizio Pollini, Thomas Quasthoff, Anne-Sophie Mutter, Lars Vogt, András Schiff, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Esa-Pekka Salonen...


Des moments d'exception

Le festival 2010 s'ouvrait avec Fidelio de Beethoven, dirigé par Abbado à la tête du Mahler Chamber Orchestra (MCO) et de quelques musiciens du Lucerne Festival Orchestra dont le MCO forme le noyau -- un ensemble donc qui n'écrasait pas la partition par son nombre et surtout qui, dans le style propre à Abbado, en magnifiait le côté musique de chambre, avec ses remarquables soli d'instruments et ses voix qui deviennent parties instrumentales. On retiendra quelques moments d'exception: l'ouverture vibrante d'empathie et d'énergie, sans rien de théâtral mais venant du coeur -- «le coeur est le levier de tout ce qu'il y a de grand», écrivait Beethoven --, l'émerveillement ému, dans une douceur superbement maîtrisée, du choeur des prisonniers à la fin du premier acte (Arnold Schönberg Chor), la force roborative de cet hymne à l'amour, à la liberté, à la foi en un humanisme fraternel qu'est le finale. Inoubliable enfin, bouleversant, le monologue de Florestan (Jonas Kaufmann), ce «Gott» commencé dans un murmure et qui déchirait l'âme en un crescendo pathétique. Moins émouvante la prestation de Leonore (Ninna Stemme) aux côtés d'une distribution au demeurant fort équilibrée. La mise en espace toutefois -- avec une scénographie, un décor, des lumières à la symbolique facile -- desservait l'interprétation. Elle reléguait les chanteurs au fond d'une scène jonchée des redingotes grises des prisonniers, d'où un son assourdi par moment, une distance qui tamisait la force expressive des voix -- voire certains décalages avec l'orchestre, qui se trouvait, lui, sur l'avant du plateau. La dispersion des chanteurs artificiellement placés devant des lutrins mal dissimulés répondait sans doute plus aux nécessités d'un enregistrement qu'à la cohérence de l'action. Fallait-il vraiment illustrer la musique? De toute façon, l'opéra est action, pas illustration. Ce qui n'exclut pas que des compositeurs d'aujourd'hui écrivent des oeuvres conçues pour une dramaturgie nouvelle. La même question se pose pour le Tristan et Yseult dirigé par Esa-Pekka Salonen avec une vidéo projetée. Alors que Dmitri Jurowski a privilégié la version concertante sans ajout visuel pour Eugène Onéguine...

 

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Revue Musicale de Suisse Romande septembre 2010

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(page mise à jour le 23 septembre 2010)