No. 66/2    juin 2013

 

Maurice Steger

Un baroqueux moderne

Par Antoine Pecqueur

Maurice Steger

© Marco Borggreve

 

Après avoir dépoussiéré le répertoire de la flûte à bec, Maurice Steger se lance dans une carrière de chef d'orchestre. Avec, à la clé, toujours la même recherche: expression et virtuosité.

Dans l'imaginaire collectif, la flûte à bec est associée aux pires souvenirs scolaires. Pendant les cours de musique, des générations d'élèves ont tenté de sortir des sons de cet instrument. Un massacre en règle... Il fallait une sacrée volonté pour gommer ce cliché cauchemardesque. C'est désormais chose faite grâce à Maurice Steger, aujourd'hui âgé de 41 ans, véritable phénomène de la musique baroque, qui n'a de cesse de révéler les possibilités infinies de la flûte à bec, en termes de couleurs, d'articulations et surtout de dynamiques.

Dans la région de Coire, c'est à l'école que Maurice Steger, à l'âge de six ans, découvre naturellement cet instrument. «Je rencontrais alors des problèmes moteurs avec mes mains: j'avais notamment du mal à écrire, à prendre un stylo. On a pensé que le fait de jouer de la flûte à bec pourrait m'aider.» Une tentative rapidement avortée: au bout de trois leçons, le jeune écolier range la flûte à bec dans son étui. Il ne ressortira l'instrument qu'à l'âge de douze ans, en s'inscrivant à l'école de musique régionale. C'est alors la révélation: «J'ai découvert tout le travail passionnant à faire sur le souffle pour obtenir une vraie qualité de son».

 

Une affaire de projection

Maurice Steger va suivre à Zurich les cours de deux grandes figures de la flûte à bec: Pedro Memelsdorff, «avec qui j'ai appris comment transmettre mes sentiments à l'instrument», et Kees Boeke (un élève de Frans Brüggen), «qui m'a fait connaître le répertoire le plus large qui soit, du médiéval au contemporain». Mais surtout, au-delà de ces influences, Maurice Steger est porté par une démarche personnelle: «Je cherchais à obtenir un timbre riche en émotion, avec un large volume sonore. Je n'acceptais pas le fait qu'on ne puisse pas entendre cet instrument au-delà de dix mètres. D'autant qu'aujourd'hui, nous sommes amenés à jouer dans des salles modernes de grande capacité.» Fort de cette conviction, il révolutionne l'approche de cet instrument...

 

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RMSR juin 2013

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(page mise à jour le 5 juillet 2013)