No. 67/3    septembre 2014

 

Verbier

La Damnation de Charles Dutoit

par Vincent Arlettaz

Willard White en Méphistophélès, Verbier, 2014

Le baryton jamaïcain Willard White, magistral dans le rôle de Méphistophélès. © Nicolas Brodard

 

Après l'année de son vingtième anniversaire en 2013, le Festival de Verbier redoutait pour l'édition 2014 un effet de creux. Une campagne de promotion renforcée, assortie d'un programme enrichi, auront réussi à transformer la difficulté. Avec quatre concerts par jour en moyenne, une concentration unique de vedettes et un programme pédagogique plus actif que jamais, Verbier n'a rien à envier à aucun autre festival classique. Le clé du succès, pour cette année, aura toutefois été la présence exceptionnelle de l'art lyrique.

 

Sur le programme du festival de Verbier 2014, on cherche en vain le large logo d'un sponsor principal. Après avoir bénéficié pendant de longues années de l'apport substantiel d'une grande banque helvétique, puis d'une marque prestigieuse d'horlogerie, la manifestation valaisanne va devoir remettre sur le métier cette recherche de fonds, dont elle ne peut sans doute guère se passer pendant plus d'une année; mais elle possède aujourd'hui des atouts plus attractifs que jamais, et saura certainement faire face à de telles échéances. En attendant, c'est bien la musique qui était au centre de toutes les attentions cet été. Il serait évidemment impossible de donner ici un aperçu, si superficiel soit-il, de l'ensemble de la programmation. Retenons que les fidèles étaient là: Kissin, Argerich, Harding, Capuçon, Maisky, Bell, etc. Sortant de l'ordinaire, quatre soirées consacrées à des opéras, et non des moindres: Fidelio (26 juillet), la Damnation de Faust (21 juillet), Il rè pastore -- ouvrage de jeunesse de Mozart -- (2 août) et une quatrième affiche combinant Il Tabarro de Puccini aux actes III et IV du Don Carlo de Verdi (27 juillet). Une débauche d'art lyrique en somme, et à peu près certainement autant de premières valaisannes pour ces ouvrages!

 

Une «légende dramatique»

De ces quatre soirées, de l'aveu de la critique et de nombreuses personnes du public, c'est encore la Damnation de Faust qui ressort comme un point sommital. Cette dernière n'a pas à proprement parler été conçue comme un opéra par Berlioz, qui lui a donné le titre de «légende dramatique». De son vivant, aucune mise en scène n'en a été proposée; l'ouvrage constitue donc un choix parfait pour un festival qui, comme Verbier, ne peut produire que des versions de concert. La partition, sans doute une des réussites les plus magistrales de l'auteur, est d'une exigence redoutable: avec ses ruptures rythmiques incessantes, ses très nombreux récitatifs, son choeur qui doit intervenir avec la même précision et la même incisivité qu'un soliste, et bien sûr avec sa palette de couleurs orchestrales d'une infinie variété, elle cumule les difficultés des grandes symphonies romantiques et de l'opéra-comique.  Quelques  semaines avant la représentation, Charles Dutoit, insatisfait de l'effectif de cent chanteurs offert par le Collegiate Chorus de New York, demandait un renfort de vingt voix pour le choeur d'hommes, et de quelques dizaines d'enfants pour le tableau final -- renfort qui fut rapidement trouvé auprès des choeurs de la région. L'occasion unique pour des chanteurs romands d'observer de près l'art du maestro...

 

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